Aujourd'hui, je vous présente un livre lu dans le cadre du club de lecture de Lille. Merci aux éditions Michel Lafon.

beauvoir

 

Fiche d'identité: Irène Frain, Beauvoir in love, Michel Lafon, 2012, 20 euros, 407 pages.

L'histoire: Simone de Beauvoir part promouvoir aux Etats-Unis l'existencialisme dont son amant, Sartre, est le maître. A la recherche des bas-fonds de ce pays, elle rencontre Nelson Algren, jeune écrivain encore en devenir. Leur amour, chaotique, passionnel, va aussi être le moteur de leur création.

Mon avis: une lecture intéressante.

Ce livre a la particularité d'être à la croisée de deux genres: le roman et la biographie. L'auteur est parti de bases réelles, de témoignages, biographies, documents... et a ensuite romancé, inventé ce qu'elle ne pouvait pas savoir. Il faut donc, pour apprécier ce livre savoir passer au dessus de la frustration de ne pas savoir ce qui est vrai ou non.

Côté biographique, j'ai appris pas mal de choses grâce à ce livre. Honte sur moi, je ne savais pas que Sartre et Simone était ensemble... Il manque quelques précisions sur leur pensée existentialiste mais sinon, j'ai tout de même appris certaines choses sur leurs vies et leurs oeuvres. Je n'avais aucune idée de la portée de ce mouvent à travers le monde également. De même je ne connaissais pas Nelson Algren. J'ai maintenant bien envie de les lire (sauf Sartre, que j'ai déjà lu donc laissons un peu de la place aux autres). J'ai aimé retrouvé aussi toute l'ambiance libertine et libérée de ces cercles littéraires, totalement assumée par Simone. C'est un peu sex, drogue et écriture!

Côté roman/romance, je pense que ce choix de partir/parler de ce moment de la vie de Beauvoir est un très bon choix. C'est vraiment quelque chose d'intéressant romanesquement parlant, on découvre Simone à fleur de peau, jalouse, malheureuse à cause de Sartre, puis torturée, amoureuse, passionnée avec Nelson. Et cela coïncide avec le moment d'écriture pour chacun de leur plus grand roman. Hazard ou moteur? L'auteur nous le peint clairement comme un moteur même si je n'en suis pas totalement convaincue. Malheureusement, si on comprend ces sentiments, je n'ai pas vraiment réussi à les vivre, ni à voir le moment où elle tombe amoureuse de Nelson, le côté torturée vis à vis de Sartre étant ce qui prédomine.

Ce qui empêche de vivre ces sentiments, c'est sans doute le style de ce livre qui reste très journalistique.

Bref, une lecture plaisante, mais pas forcément détente.

Maia